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Jean de Roualle: “J'ai vraiment hâte d'être à 2023”

Par

Arsène ABITBOL


20/02/2022 - 22:11

Récent vainqueur d'un groupe I pour arabes purs aux Émirats avec le “FR” Somoud, Jean de Roualle s'est forgé un très beau palmarès à Abu Dhabi où il est installé depuis 2015. Le metteur au point français entraîne exclusivement les chevaux du Cheikh Mansour Bin Zayed Al Nahyan (propriétaire notamment de Manchester City).

ParisTurf : Comment est la vie à Abu Dhabi ?

Exceptionnelle. Vous avez une superbe qualité de vie, des endroits magnifiques, des restaurants excellents. C'est une vie de rêve. J'apprécie énormément cette période de ma vie, socialement et professionnellement. Tant qu'ils voudront de moi, je resterai, c'est certain. J'ai la chance de travailler au sein d'une grande écurie, pour le Cheikh Mansour Bin Zayed Al Nahyan, qui est une personne qui sort de l'ordinaire, quelqu'un de très ouvert et qui aime la France. La France me manque naturellement et je suis ravi d'y retourner (Landes) pour me ressourcer en famille. 


Pouvez-vous présenter votre effectif ?
Pour l'instant, j'entraîne 24 pur-sang arabes mais mon effectif va doubler, voire tripler dans les mois qui viennent, alors j'ai très hâte. Il y a eu un grand nombre de naissances ici il y a trois ans. Lorsque les pur-sang arabes ont 3 ans, ils sont encore des bébés. à 4 ans, ils sont plus avancés, mais encore immatures pour la plupart. à 5 ans, ils commencent à devenir matures. Je ne vous cache pas que j'attends 2023 (les chevaux auront 4 ans) avec impatience. J'ai déjà rentré des jeunes, des 3 ans, et je vais continuer à en rentrer. Chez les autres, avec Somoud qui est classique, mes espoirs reposent sur Hakamm, un bon poulain,  Dareen et la pouliche Shoaa.


Comptez-vous courir un groupe I en France ? 
On avait envisagé de venir en France l'année dernière avec Somoud qui, par ailleurs, va défendre son titre le 20 mars dans un groupe I qu'il a gagné deux fois en 2020/2021, le Emirates Championship. Finalement, cela n'avait plus été à l'ordre du jour car le Cheikh Mansour a déjà des chevaux à l'entraînement en France pour les groupes I. Peut-être qu'on le préparera pour la Qatar Arabian Word Cup 2022 mais, pour l'instant, cela n'a pas été évoqué. Si on le faisait, il arriverait en juin et ferait sa rentrée à Deauville (Prix Kesberoy) car l'autre course, le Prix Dragon, est à trois semaines. C'est beaucoup trop près. S'ils n'ont pas de chevaux en France pour cette course, je pense qu'ils m'enverront là-bas mais, s'ils ont un ou deux chevaux pour courir la World Cup, je resterai ici. 
 
Que pensez-vous de l'évolution des pur-sang arabes ? 
Je pense que la race du pur-sang arabe a tellement progressé qu'elle se rapproche des pur sang anglais de plus en plus. Physiquement, je mettrai au défi certains professionnels de savoir que certains chevaux que je pourrais leur montrer ne sont pas des pur-sang anglais mais en fait des pur-sang arabes. Un cheval comme Rmmass, qui avait un modèle incroyable… Vous pouvez le montrer dans un autre contexte, on vous dira : “Ça, c’est un beau pur-sang anglais.” Sur la vitesse, ils ne peuvent pas rivaliser avec  un pur-sang anglais, mais si on devait comparer les chronos sur les 15 dernières années, il y a une progression phénoménale. Ils ont beaucoup de personnalité, si bien qu'ils sont tout à fait capables de vous faire un très mauvais travail le matin et gagner en course, ou exactement l'inverse ! Ils ne sont pas avares de ce genre de surprises. 

 

Beaucoup de choses changent au niveau de l'élevage aux Émirats, n'est-ce pas ? 

Avant, le principe, c'était d'élever les chevaux et de les envoyer à l'entraînement, tout cela en France, avant d'en ramener certains aux Émirats. Maintenant, il y a un haras très important ici, Wathba Farm (et un en Normandie aussi du même nom). Les chevaux nés ici seront entraînés sur place tout comme ceux nés en France. In fine, on aura chacun notre élevage et je vais recevoir pratiquement que des chevaux élevés aux Émirats. Je pense que le Cheikh Mansour a les meilleures souches, les meilleures poulinières et étalons, en France comme ici. Shadwell, qui avait un très bel élevage de chevaux arabes, appartient désormais au Cheikh Mansour puisque la fille du Cheikh Hamdan Al Maktoum (décédé en 2021) l'avait mis à la vente. Pour moi, l'élevage du Cheikh Mansour et celui de la famille Al Thani (Al Shaqab) sont les deux grands pôles. Je pense qu'on pourra rivaliser avec cette écurie-là l'année prochaine.

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